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Le diabète: les faits

La prévalence du diabète a atteint des proportions épidémiques.

Selon les prévisions de l’OMS, les pays en développement paieront le plus lourd tribut à cette épidémie dans le courant du 21e siècle, 80 % des nouveaux cas de diabète devant apparaître dans ces pays d’ici 2025.

  • En l’espace d’une génération, le nombre de diabétiques a été multiplié par six. En 1985, on estimait qu’ils étaient 30 millions. Aujourd’hui, le diabète touche plus de 230 millions de personnes, soit presque 6 % de la population mondiale adulte.
  • Si rien n’est entrepris, le nombre de diabétiques devrait progresser jusqu’à 350 millions en moins de 20 ans.
  • Le diabète est l’une des principales causes de mortalité prématurée dans le monde. Une personne meurt d’une cause liée au diabète toutes les 10 secondes. Selon les prévisions, le taux de mortalité augmentera de 25 % dans la prochaine décennie.
  • Le diabète progresse plus rapidement dans les économies en développement que dans les pays développés. Parmi les dix pays comptant le plus de diabétiques, sept sont en développement. Avec un nombre de malades estimé à 35 millions, c’est l’Inde qui a la plus grande population de diabétiques.
  • Chaque année, six millions de personnes développent un diabète. Dans de nombreux pays d’Asie, du Moyen-Orient, de l’Océanie et des Caraïbes, le diabète touche 12 à 20 % de la population adulte.
  • Le diabète est une épidémie silencieuse qui fait autant de morts chaque année que le VIH/SIDA. En 2007, le diabète tuera 3,5 millions de personnes dans le monde.
  • Si la tendance actuelle se confirme, d’ici à 2025, la majorité des diabétiques dans les pays en développement seront dans la tranche d’âge des 45 - 64 ans.
  • Le diabète de type 2 représente 90 à 95 % des cas de diabètes. Dans 80 % des cas, le diabète de type 2 peut être évité en changeant le régime alimentaire, en augmentant l’activité physique et en améliorant les conditions de vie.

Manque de diagnostic et de traitement

  • Dans les pays en développement, moins de la moitié des diabétiques sont diagnostiqués. Sans un diagnostic opportun et un traitement adéquat, les complications et la morbidité croissent de manière exponentielle.
  • Des études réalisées récemment en Zambie, au Mali et au Mozambique révèlent un constat affligeant : une personne ayant besoin d’insuline pour survivre vivra en moyenne 11 ans en Zambie ; elle peut espérer vivre 30 mois au Mali ; au Mozambique, elle sera morte dans les 12 mois.
  • Le diabète est responsable chaque année de plus d’un million d’amputations ; un grand pourcentage des cataractes et au moins 5 % des cas de cécité dans le monde sont dus à une rétinopathie diabétique. Le diabète est la première cause d'insuffisance rénale dans les pays développés et entraîne des coûts de dialyse faramineux. Les risques de maladies cardiaques et d'accidents vasculaires-cérébraux sont tous significativement plus élevés pour les diabétiques.
  • Tantôt indispensable à la survie, tantôt nécessaire pour maintenir une glycémie normale, l’insuline reste sous-utilisée dans de nombreux pays en développement. Deux raisons parmi tant d’autres : les idées fausses véhiculées par les conceptions culturelles et les pénuries chroniques.
  • L’évolution de la pandémie de diabète, principalement de type 2, est à mettre en relation avec les changements culturels rapides, le vieillissement des populations, la progression de l’urbanisation, la modification du régime alimentaire, une diminution de l’activité physique et d’autres styles de vie et comportements malsains. Sans une prévention efficace et des programmes de contrôle, l’incidence du diabète dans le monde continuera vraisemblablement de croître.
  • Il peut sembler étrange que le tiers-monde, souvent associé à la famine et à la malnutrition chez les enfants, subisse actuellement une épidémie de diabète de type 2, une maladie associée à la richesse et à un style de vie malsain. Cela peut s’expliquer par la forte urbanisation de certains pays, tels que l’Inde, qui a fait adopter aux gens les habitudes des pays industrialisés, provoquant ainsi des maladies liées à cette nouvelle manière de vivre, telles que le diabète. En outre, certaines personnes sont génétiquement prédisposées à développer un diabète. Combiné à d’importants changements dans le style de vie, ce risque est devenu une réalité pour de nombreuses personnes vivant dans ces pays.

Le coût du diabète : un fardeau pour les familles et la société

  • De par sa nature chronique, la gravité de ses complications et les moyens nécessaires pour les prévenir, le diabète est une maladie qui coûte cher. Les mécanismes de financement des soins de santé sont inexistants dans la plupart des pays en développement, et il faut donc sortir l’argent de sa poche pour se soigner. Dans de nombreux cas, les personnes doivent choisir entre les soins de santé, la nourriture et les vêtements. De telles contraintes financières entraînent inévitablement une sous-consommation des services de soins.
  • Selon l’OMS, 80 % des habitants des pays en développement paient directement pour tout ou partie de leurs médicaments. En Amérique latine, les familles paient de leur poche 40 à 60 % des frais pour soigner le diabète. Pour une famille indienne à bas revenus comptant un adulte diabétique, 25 % des revenus familiaux peuvent être consacrés aux soins de celui-ci.
  • Selon les estimations, on dépensera en 2007 dans le monde entre 215 et 375 milliards de dollars pour soigner le diabète et ses complications. Si rien n’est fait, ce chiffre atteindra sur les 20 prochaines années entre 234 et 411 milliards de dollars. La progression du diabète est la plus rapide dans les pays à bas et moyens revenus. Ce sont donc les pays en développement qui supporteront le plus fort de l’explosion des coûts.
  • Dans les pays en développement, le problème est aggravé par la pauvreté généralisée, l’ignorance, l’analphabétisme et une faible prise de conscience en matière de santé. Les personnes ne pouvant pas se permettre ou n’ayant pas accès à des soins médicaux, même rudimentaires, seront, selon toute vraisemblance, diagnostiquées tardivement et souffriront de complications liées au diabète (à cause d’un diagnostic tardif et/ou d’un traitement inadéquat). En outre, de nombreuses personnes souffrant d’un diabète de type 1 (c.-à-d. insulinodépendant) meurent avant que la maladie ne soit diagnostiquée ou peu après le diagnostic, à cause d’un accès inadéquat au traitement.
  • L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que le diabète, les maladies cardiaques et les accidents vasculaires-cérébraux coûteront ensemble, en termes de revenu national perdu, sur les 10 prochaines années, 555,7 milliards de dollars à la Chine, 303,2 milliards de dollars à la Fédération russe, 336,6 milliards de dollars à l'Inde, 49,2 milliards de dollars au Brésil et 2,5 milliards de dollars même à un pays extrêmement pauvre comme la Tanzanie. Ces estimations sont basées sur la perte de productivité, résultant principalement des décès prématurés.


Source : FID, Atlas mondial du diabète, 2e et 3e édition

Si vous recherchez des informations plus détaillées sur l’épidémie de diabète, les coûts des soins ou d’autres renseignements pertinents, vous pouvez utiliser les outils suivants:

 

31-10-2007 taj.wdf

 

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